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PRÉSENTATION
 


PRESENTATION DE LA COORDINATION DES INITIATIVES

DE DEVELOPPEMENT INTEGRAL

CIDI

LA CIDI, UN REFUS DE LA FATALITE

I. POURQUOI LA CIDI ?

La pauvreté est la caractéristique commune de toutes les régions du pays. Beaucoup d’entre elles souffrent d’absence de facteurs naturels favorables.

Cependant, le diagnostic de la problématique du développement de la zone d’intervention de la CIDI révèle un paradoxe : Potentialités énormes en ressources naturelles et pauvreté croissante. En effet, les atouts naturels importants n’ont pas empêché cette région d’alimenter la pauvreté au Burkina Faso.

Atouts naturels et sources de paupérisation
- Disponibilité en terres cultivables ;
- Disponibilité de bas-fonds aménageables ;
- Important potentiel irrigable ;
- Données géo climatiques favorables ;
- Ressources humaines capables d’impulser la croissance.

Pourtant, on observe, au plan socio économique et culturel :
- Une faiblesse des revenus qui limite le capital technique et social des paysans ;
- La mise en valeur des grandes potentialités en bas-fonds aménageables par la pratique de l’irrigation qui favorise la dépendance vis-à-vis des caprices pluviométriques ;
- Des difficultés d’accès au crédit : les structures de crédits opérant dans la zone de la CIDI ne sont pas accessibles à quasi-totalité des populations ;
- La persistance de l’agriculture extensive qui dévore l’espace et favorise la dégradation des sols ;
- Le manque de moyens logistiques qui découle de la faiblesse des revenus ;
- L’analphabétisme, handicap majeur dans le processus de développement ;
- La pauvreté de l’activité culturelle.

Les résultats socio-économiques sont en deçà des expériences, aux antipodes des intentions affirmées.

Le lien entre la pauvreté et les différents aspects de la vie socio-économique révèle des indicateurs préoccupants au moment de la création de la CIDI :

- Les déterminants spécifiques de la pauvreté ;
- Les difficultés d’accès aux services essentiels de base ;
- L’effritement des solidarités familiales et communautaires.

1. Les déterminants de la pauvreté

Au niveau régional, l’indice de pauvreté en 1998, rappelons –le était de 56,6% (58,7% dans la province siège de la CIDI : Province du IOBA.

Les Enquêtes Burkinabè sur les Conditions de Vie des Ménages (EBCVM) ont montré l’évolution rapide de la pauvreté :

1994 : 44,5%

1998 : 45,3% au plan national

2003 : 46,4%

Dans la zone d’intervention de la CIDI, les données étaient les suivantes :

1994 : 44,8%

1998 : 47,2%

2003 : 56,6%

Le phénomène de la pauvreté a donc pris de l’ampleur entre 1994 et 2003.

Ainsi donc, en dépit de l’existence d’indicateurs agro-climatiques favorables, on observe une augmentation significative de l’incidence de la pauvreté.

Source : EPI ET EBCVM 2003

| Région |1998 | 2003 | |Hauts Bassins (Houet, Tuy, Kenedougou |33,5 |34,8 | |Cascade (Comoé, Léraba) |39,1 | |Centre-sud (Bazèga, Nahouri, Zounwéogo) |35,8 |66,1 | |Centre (Kadiogo) |22,3 | |Plateau Central ( Outritenga, Ganzourgou, Kourweogo) |58,6 | |Boucle du Mouhoun (Kossi, Banwa, Nayala, Sourou, Mouhoun, Balé) |49,3 |60,4 | |Sud-ouest (Noumbiel, Poni, Bougouriba, Ioba) |46,3 |56,6 | |Centre-est (Boulgou, Koulpelgo, Kouritenga) |51,1 |55,1 | |Nord (Yatenga, Lorum, Zondoma, Passoré) |60,9 |68,6 | |Centre- nord (Bam, Sanmatenga) |58,1 |33 | |Est (Gnagna, Komandjari, Gourma, Tapoa) |46,6 |40,9 | |Sahel (Soum, Oudalan, Séno, Yagha) |42,0 |37,2 | |Centre-ouest (Sanguié, Sissili, Boulkiemdé, Ziro) |44,9 |41,3 | |Ensemble |45,3 |46,4 |

2. L’accès aux services essentiels de base

Dans les secteurs stratégiques, l’analyse diagnostic 2003 de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) montre que la zone de la CIDI accuse un retard.

a) le taux d’alphabétisation

Il était de 10,7% au plan national, soit 5 fois moins que dans la région du Centre, 3 fois moins que dans les Hauts Bassins et 2 fois moins que la moyenne nationale.

Par ailleurs, la probabilité d’alphabétisation, suivant le genre, est très faible chez les catégories défavorisées (6 fois moins de chance pour les femmes d’être alphabétisées).

b) Le taux brut de scolarisation

Il atteint 43,4% en 2001-2002 au niveau national et 38,7% dans le Sud-ouest. Les filles représentent 38,48% des effectifs.

La population de la province du Ioba est jeune:48% ont moins de 15 ans. La province est peuplée de plus de 161000 habitants.

Par rapport à un passé récent, la zone d’intervention de la CIDI était qualifiée de "quartier latin" du Burkina Faso, parce qu’elle fournissait de nombreux intellectuels au pays.

L’ EBCVM 2003 a déterminé une corrélation étroite entre scolarisation et pauvreté : les enfants des ménages pauvres ont 3,5 fois moins de chance d’accéder à l’enseignement secondaire, et 30 fois moins de chance d’accéder aux études supérieures, que les enfants des "riches".

c) Lee taux de morbidité

Le taux de morbidité est de 5,8% au plan national contre 7,6% dans la zone de compétence de la CIDI (2ème rang au plan national, après le Plateau Central).

d) Le taux d’accessibilité à l’offre sanitaire

5,3% seulement de la population sont à moins de 30 minutes d’une structure sanitaire. Cette zone occupe le 1er rang en matière de non accessibilité liée à la précarité des conditions financières des populations (taux de fréquentation : 0,24%).

e) En matière d’hydraulique

La moyenne nationale, en nombre d’habitants par point d’eau moderne, est de 500. Dans la zone de la CIDI, ce chiffre est de 159. Mais en réalité, la dispersion de l’habitat relativise cette performance.

Ainsi, plus de 400 villages (environ 30%) sont sans point d’eau potable.

f) Le domaine de l’habitat

Les habitations sont construites en banco à plus de 96%. La zone étant relativement bien arrosée, le logement est précaire. Chaque saison des pluies fabrique ses sans abris et aggrave les problèmes d’hygiène et de santé.

2. L’effritement des solidarités

Les pratiques sociales, qui concourent à l’éducation, véhiculent, dans certains de leurs aspects, une idéologie défavorable à la femme et au jeune. A cause de ces tares socio-culturelles, les performances économiques sont encore réalisées, dans le milieu social de la CIDI, sans égard et sans droits réels à la parole, pour les catégories les moins éclairées, les plus faibles, confinées à des rôles mineurs dans la gestion de l’économie et des responsabilités.

Le système traditionnel de solidarité était un véritable code de sécurité sociale qui protégeait l’individu, la famille et la communauté.

La famille et l’autorité des anciens réglaient les problèmes individuels et familiaux. Le chef de terre , pouvoir politico-religieux, intervenait dans tout problème touchant la stabilité sociale.

Ce système ignore la marginalisation ou l’exclusion sociale liée au genre et/ou au statut social, hormis les cas extrêmes de déviances sociales. Il s’agit là d’un capital considérable, mobilisable au profit du développement.

Cependant, cette assurance-vie perd, de plus en plus, son évidence et de son effectivité pour plusieurs raisons :
- La paupérisation progressive qui affaiblit l’esprit de partage et développe l’individualisme ;
- Les perturbations aliénantes de la culture locale par une civilisation planétaire qui s’impose alors que les populations ne sont pas à mesure de l’assimiler ;
- Les modes de vie moderne qui apportent, certes, ouverture d’esprit et facilités de communication mais aussi favorisent un repli de l’individu sur lui-même et, de plus en plus, sur la famille nucléaire.

L’approche populaire traditionnelle apparaît comme sans valeur.

Cette situation affaiblit la solidarité sociale sans substitut valable. Alors, le nombre des laissés-pour-compte (orphelins, veuves, handicapés, groupes démunis…) augmente considérablement contre toutes les règles de protection sociale du milieu.

Les résultats de l’EBCVM 2003 ont permis d’estimer le seuil absolu de pauvreté à 82762 F CFA par adulte et par an. Sur cette base, la population de la zone d’action de la CIDI vivant en dessous de la ligne de pauvreté s’établi à 58,7% au plan national).

Cette aggravation de l’incidence s’accompagne d’une aggravation en terme de profondeur. La profondeur de la pauvreté est passée de 15,7% en 1998 à 17,9% en 2003. Cet accroissement de l’écart, entre le revenu moyen et le seuil de pauvreté, signifie un risque de pauvreté durable.

Ce mouvement ne doit pas être irréversible.

Refusant la fatalité, la CIDI s’organise, se fixe des objectifs pour aider à inverser la tendance, d’abord grâce à des projets ponctuels (pendant une dizaine d’années) et depuis 2004 par voie de programme.

II. LES OBJECTIFS DE LA CIDI

La lecture des Cadres Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté (CSNLP, CSRLP) réalisés par le Ministère de l’Economie et du Développement du Burkina Faso, indique une faible contribution de la zone d’intervention de la CIDI à l’économie nationale. Cette faiblesse serait liée à la pauvreté des populations malgré d’importantes potentialités.

Cette situation impose aux acteurs locaux le devoir d’inverser la tendance en renforçant les conditions nécessaires à l’auto-prise en charge.

A cet effet, la CIDI a déterminé des points de convergence des efforts, individuels et collectifs, traduisibles en objectifs précis.

1. Objectif global

L’objectif global, poursuivi par la CIDI, est de contribuer à la promotion du développement humain durable, condition sine qua non de lutte efficace contre la pauvreté, en appliquant l’approche participative qui intègre, dans la démarche, l’approche filière.

Généralement, la pauvreté est considérée comme une situation découlant d’un revenu insuffisant, alors qu’elle doit être perçue comme un phénomène aux aspects multiples impliquant l’absence de potentialités humaines élémentaires.

Le processus dans lequel la CIDI s’est engagée, déborde le cadre du simple revenu pour s’intéresser à la pénurie de capacité, à l’accès au minimum des potentialités élémentaires, par exemple pouvoir s’alimenter correctement, être en bonne santé, pouvoir s’instruire et s’informer…

La contribution de la CIDI est donc basée sur une approche qui élargit et approfondit le concept du développement humain pour permettre à l’individu :
- D’être un agent actif de son propre développement ;
- De choisir librement sa manière d’agir et de coopérer au sein de sa communauté ;
- De jouir de l’égalité des chances ;
- De ne pas compromettre les possibilités des générations futures de satisfaire leurs propres besoins ;
- De bénéficier d’un minimum de sécurité (être libéré des menaces telles les défauts de moyens de subsistance, l’absence d’activités, la maladie…).

2. Objectifs spécifiques

Il s’agit de contribuer à développer la prise de responsabilités par les individus et les organisations de base dans la lutte contre la pauvreté.

a. Renforcer les capacités locales

b. Accroître et diversifier la production

c. Valoriser économiquement la production

d. Renforcer le capital productif des ressources naturelles

e. Renforcer le secteur socio-éducatif et sanitaire

Liste des projets disponibles et/ou en cours d’exécution

- Etude diagnostic de base "Genre et Alphabétisation " (réalisée)
- Etude exploratoire des potentialités touristiques du Sud-ouest (réalisée)
- Installation d’une radio communautaire (dossier technique disponible)
- Projet d’alphabétisation/formation (en cours d’exécution)
- Projet de prise en charge d’enfants défavorisés (disponible)
- Programme hydraulique (disponible)
- Programme triennal d’amélioration de la Santé de la Reproduction / lutte contre les IST / VIH-SIDA (disponible)
- Formation des maçons et exploitants de carrières, en technique et technologies adaptées de production et de construction en matériaux locaux (BTC / pierre taillée), (dossier disponible)
- Projet d’équipement en matériels d’exploitation apicole (en cours d’exécution)
- Projet d’amélioration de la pêche villageoise/ artisanale (disponible)
- Projet d’exploitation de jardins potagers scolaires (étude réalisée et tests de faisabilité en cours dans trois écoles)

- Projet de création d’une unité de valorisation des produits de cru (disponible)

- Projet d’appui à la production de céréales (réinsertion des rapatriés de Côte d’Ivoire), (disponible)

- Programme de renforcement des capacités de la CIDI et des associations partenaires, en genre et développement : (disponible)

- Projet de formation en planification, gestion et suivi-évaluation des projets (dirigeants de la CIDI) : en cours d’exécution

- Projet de formation en micro-projets : exécuté (120 producteurs formés)

- Projet de siège (bureaux + salle polyvalente : en cours de construction

- Projet de formation des producteurs dans six filières d’activités : exécuté (20 personnes par filière)

- Projet de soutien aux initiatives économiques des femmes ayant en charge des enfants orphelins ou en difficulté : (disponible)

- Projet de sensibilisation et de formation des acteurs locaux sur le lévirat, la violence faite aux femmes, l’excision, et le Code des Personnes et de la Famille : (disponible)

- Projet d’appui au développement de l’artisanat par les femmes ; (disponible)

- Projet de création d’une école des métiers (réflexion en cours) ;

- Projet d’exploitation de champs scolaires (étude réalisée et tests de faisabilité en cours dans trois écoles) ;

- Projet de construction du siège (bureaux + salle polyvalente : (exécuté)

Les attentes de la CIDI sont importantes et variées. Les priorités identifiées par les populations font l’objet de projets dont a gestion est assurée par un comité de pilotage.

III. LES ATTENTES DE LA CIDI

La faiblesse de la productivité de l’agriculture et des activités non-agricoles s’explique par la combinaison de nombreux facteurs notamment :
- Le faible niveau d’instruction qui limite le champ de vision des populations rurales ;
- Le faible niveau technologique et l’étroitesse du marché qui contraignent les populations à ne produire que le minimum vital ;
- Les rapports discriminatoires de genre qui constituent un facteur limitant de la production ;
- Les modes et méthodes de production souvent mal adaptés…

1. En matière de renforcement des capacités locales

Aider les communautés de base à s’approprier la logique suivante :
- Alphabétisation
- Organisation dans les filières d’activités
- Formations techniques spécifiques dans les dites filières
- Mise en œuvre des idées de projet

2. Accroissement et diversification de la production

Sensibilisés et convaincus, les producteurs sont engagés dans le processus d’amélioration et de diversification des productions.

3. Valoriser économiquement la production

Les capacités de transformation, de conservation et de commercialisation sont renforcées.

4. Gestion participative et durable des ressources naturelles

La gestion durable des ressources est amorcée.

- Système de suivi participatif ;
- Plan d’aménagement et de gestion des ressources naturelles ;
- Valorisation des sites culturels et touristiques ;
- Comités de gestion des ressources installés.

5. Renforcement du secteur socio-éducatif et sanitaire


- Des mutuelles de santé sont mises en place ;
- Des activités génératrices de revenus sont mises en œuvre ;
- La position de la femme dans la gestion filières est promue ;
- Les femmes sont appuyées dans l’accès aux crédits, aux ressources, à l’éducation, à la formation professionnelle ;
- Les femmes bénéficient de 60% au moins des opportunités d’alphabétisation (formule en cours d’application).

IV. UN DEFI A RELEVER

La précarité des conditions de vie des populations est un défi lancé aux acteurs locaux de développement. La CIDI a fait le pari de contribuer, activement, à relever le défi de l’insécurité sociale.

Sa contribution consiste à :
- Redonner un sens à la solidarité, au plan local ;
- Créer un espace pour la solidarité internationale.

Les pratiques sociales, les rapports sociaux ne sont pas héréditaires. Ils se développent sous l’influence du milieu. Ils sont façonnés par les conditions de vie. Ils varient dans le temps et dans l’espace. Ils sont dynamiques.

Lorsque l’on a compris cela, de nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir, permettant d’améliorer le fonctionnement d’une société.

Dans le cas d’espèces la pauvreté a modifié les mécanismes des cohérences structurelles traditionnelles. Il convient de réaliser des transformations structurales capables de réorienter la logique de nouvel équilibre. L’élément qui rend possible ces transformations, c’est la formation.

1. La formation, outil de changement

Pour être productive et efficace, la formation doit intervenir sur un terrain alphabétisé ou scolarisé. Elle est la voie qui permet d’accéder à l’ensemble des objectifs. Les expériences menées dans le Sud-ouest, depuis l’indépendance courent encore après leur objectif de développement.

C’est pourquoi il convient de jouer autrement, en faisant, résolument, le choix de la formation, tremplin indispensable pour accéder aux objectifs de développement : La formation pour l’auto-gestion, pour produire, mais surtout pour se reproduire dans le souci du bien-être des générations actuelles et futures.

Cette formation la est une nécessité pour les populations. Elle leur transmet un pouvoir en fournissant les outils pour savoir, pour qu’elles puissent mieux contrôler les évènements de la vie en mettant en mouvement des forces qu’elles peuvent diriger, afin de faire tourner chaque situation à leur avantage.

Or, en la matière, les indicateurs sont préoccupants, dans la zone d’intervention de la CIDI, contrairement au point de vue répandus dans l’opinion sur le caractère privilégié de cette région, espace de précarité (pauvreté) qui peut évoluer rapidement la marginalité (misère).

A partir des valeurs humaines et des limites identifiées, on peut mener des actions salutaires.

La démarche de la CIDI implique des formes d’organisation qui imposent aux populations de planifier leurs activités dans la concertation. En effet, le développement exige que tous les membres d’une communauté participent, dans des conditions humaines de travail, à la production et à la consommation, sur la base de principes justes et équitables.

C’est pourquoi, depuis quatre ans, la CIDI aide à l’organisation des associations membres de base dans les filières de production.

Le passage à l’approche programme impose des méthodes et des outils plus performants que l’alphabétisation / formation peut apporter. L’organisation des communautés de base en filière permet de socialiser les problèmes, les objectifs, les intérêts, de vivre un sentiment d’appartenance à une même communauté solidaire.

Cette première période du programme est essentiellement consacrée au renforcement des capacités, particulièrement par l’alphabétisation / formation, pour changer les comportements, créer un esprit de complémentarité ; développer des outils de négociation et de sauvegarde des valeurs positives traditionnelles, influencer les habitudes et les attitudes du milieu social, en vue de faciliter la conception, la planification et la conduite des actions porteuses de changement structurel.

La formation est un facteur qui intègre les voies et moyens par lesquels elle peut exercer une influence significative : la prise de conscience, la réflexion et l’action.

Le défi à relever consiste alors à trouver, en commun, dans le respect de l’autonomie de chacun, les moyens de réduire le déficit constaté dans les objectifs des différents axes stratégiques du programme, en matière de renforcement des capacités de production, de transformation, de renforcement du capital productif et du renforcement du secteur socio-éducatif et sanitaire.

2. Ménager un espace pour la solidarité internationale

En dehors des ONG étrangères, relativement bien dotées de ressources budgétaires pour accomplir leurs missions, la plupart des associations / ONG locales, telle la CIDI connaissent une pénurie de ressources surtout matérielles et financières.

La pauvreté générale, dans la zone d’intervention de la CIDI ne permet pas d’y mobiliser les ressources nécessaires suffisantes à la mise en œuvre des objectifs.

En vue de renforcer les capacités de la CIDI pour qu’elle puisse remplir ses missions avec efficacité, efficience et durabilité, une action doit être conduite à deux niveaux : organisationnel et individuel.

Sur le plan organisationnel, la solidarité internationale est sollicitée pour renforcer les capacités de la CIDI dans la mise en œuvre de ses objectifs et stratégies.

Au plan individuel, il s’agit d’aider à développer les capacités de gestion et de leadership des responsables de la CIDI.

Les objectifs spécifiques à atteindre sont les suivants :

- Renforcer la capacité de la CIDI en matière de communication institutionnelle ;
- Doter la CIDI d’infrastructures et de moyens logistiques fonctionnels (siège, systèmes informatiques) ;
- Doter la CIDI de ressources financières (mécanismes de financement et de gestion) ;
- Développer des relations de coopération, de co-gestion ou de partenariat entre la CIDI et les partenaires au développement.

Pour réaliser l’ensemble de ses objectifs, la CIDI s’est organisée de la manière suivante :

- Elle a transformé les projets qui convergent en se renforçant, dans la lutte contre la pauvreté, en un programme triennal de développement, à l’échelle provinciale ;
- Elle a fixé son siège et sa gestion auprès des bénéficiaires. Les orientations stratégiques et organisationnelles sont décidées par les communautés de base.
- Un bureau exécutif sert de relais pour faciliter les communications et les relations avec les partenaires.

V. LES REALISATIONS

- Environ 1500 personnes alphabétisées
- 120 personnes formées dans six filières d’activités (élevage de porcins, de poules, production de la fumure organique, apiculture, gestion financière des micro-projets, exploitation économique du bois de chauffe) ;
- Etude en genre et alphabétisation ;
- Etude exploratoire sur la promotion touristique dans le Sud-ouest ;
- Formation en genre et développement ;
- Construction du siège social de CIDI ;
- Micro-crédits à 200 femmes environ ;
- Organisation de tournois de football au profit des écoles primaires de la commune siège de CIDI ;
- Formation en France d’un cadre de CIDI à la coordination des projets et programmes ;
- Activités de transformation des produits locaux (AGR femmes) ;
- Etude participative sur la création de jardins potagers scolaires (52 écoles).
- Formation en France d’un cadre de CIDI à la coordination des projets et programmes et de deux maçons
- Etude participative sur la création de champs scolaires (52 écoles).
- Lutte contre le paludisme, les IST VIH/SIDA et la MMN

VI. PROJETS

- Création d’une radio communautaire ;
- Création d’une école des métiers ;
- Construction d’un centre d’accueil ;
- Développement des énergies renouvelables (éolienne, solaire) ;
- Lutte contre le paludisme ;
- Renforcement des AGR des femmes ;
- Création d’une miellerie ;
- Création d’une unité de production de beurre de karité ;
- Banque de céréales
- Aménagement de bas-fonds dans le cadre de la sécurité alimentaire.
- Commerce équitable
- Renforcement du programme d’alphabétisation/formation

CONCLUSION

Le rôle que voudrait jouer la CIDI est celui d’une conscience critique.

Elle se veut une force complémentaire de propositions, de contribution à la solution de problèmes de développement, en zone rurale, un partenaire actif par son action de proximité, et attentif aux besoins des populations à la base.

Le mode de vie actuel génère des obstacles, pour le monde rural, de bâtir un projet collectif. Les individus vivent, de plus en plus, sur des principes égoïstes, forgent un sens à leur existence, indépendamment de la valeur traditionnelle fondamentale : la solidarité. La pauvreté semble en être la raison essentielle.

La zone d’intervention de la CIDI est marquée par l’analphabétisme. L’instruction appartient à un groupe privilégié, minoritaire, formé à l’école moderne.

La formation, adaptée et généralisée, contribuera à briser les entraves liées aux effets pervers de l’analphabétisme et de la mondialisation qui condamnent les plus faibles et les moins éclairés.

Sans une population armée de la capacité d’analyser et de décider d’elle-même, le développement restera un concept flou et inaccessible.

Un instrument pour relever le défi a été crée par le Gouvernement du Burkina Faso qui a accordé sa confiance à la CIDI en lui donnant le statut d’ONG. Qu’il en soit remercié.

La pauvreté et les sources qui l’alimentent ne sont pas une fatalité. Elles peuvent, et elles doivent être réduites.

Conviction – Initiatives – Développement – Identité

CIDI